L’Algérie pose ses “conditions” pour la venue d’Emmanuel Macron

Alors que le président français Emmanuel Macron a répondu favorablement à l’invitation de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune pour une visite d’Etat en Algérie, ce déplacement semble « compromis » selon des médias algériens. 

Les autorités algériennes voudraient que la France déclasse l’Algérie de la Zone A d’un arrêté du Quai d’Orsay, comme condition pour l’accueil du chef de l’Etat français. Les pays de cette liste -destinée aux ambassadeurs et aux postes consulaires- sont considérés comme ayant des conditions de vie « particulièrement rigoureuses ».

Le site du ministère français des Affaires Etrangères indique dans l’article 1 de son arrêté que les nominations à l’étranger des agents ayant vocation à servir dans les postes diplomatiques et consulaires sont prononcées en tenant compte des règles applicables de 3 zones différentes.

La Zone A comprend les postes dans les pays où les conditions de vie sont particulièrement rigoureuses, la Zone B les pays où les conditions de vie sont réputées difficiles, en raison notamment du climat ou des contraintes quotidiennes et la Zone C concerne les autres pays.

Selon le site Algérie Patriotique proche du régime algérien, Emmanuel Macron ne serait pas accueilli en Algérie tant que cette modification ne soit pas faite. « Si l’on en croit la réaction de sources officielles algériennes qui ont requis l’anonymat, il est difficile d’envisager le maintien de la visite du président français en Algérie », avertit le journal.

A Alger, en tout cas, poursuit la même source, « ce classement est qualifié de +scandaleux+ car +non conforme à la réalité+ ».

« Entre le discours mielleux de François Gouyette, l’ambassadeur de France à Alger, prononcé à l’occasion de la fête nationale française, ce 14 juillet, et le classement des pays par le Quai d’Orsay en fonction de la situation qui y prévaut, il y a un fossé que les probables mises au point d’Emmanuel Macron et Catherine Colonna auront du mal à combler », ajoute le média, cherchant à modifier la liste du Quai D’Orsay.

Il estime que le classement de l’Algérie dans la catégorie A de l’arrêté du ministère des Affaires Etrangères datant du 7 juillet 2022 est « insensé » et « absurde », et cite des sources diplomatiques algériennes anonymes, se disant « choquées » et dénonçant un « calibrage tordu ».

Il compare ainsi la position de la Tunisie et du Maroc avec celle de l’Algérie, seul pays classé dans la liste A, « considérée comme dangereuse pour les représentants français », selon le média.

« Dans ce classement, l’Algérie côtoie des pays en guerre, à l’instar de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, de la Somalie, de la Syrie, du Yémen et de l’Ukraine, et d’autres où la situation économique et sociale est particulièrement délicate, notamment en Afrique et en Amérique latine », s’étonne Algérie Patriotique.

Et d’attaquer cette fois-ci la liste B où se trouve la Tunisie: « L’Afrique du Sud, l’Egypte, Israël, le Liban – pays en faillite où l’instabilité augure d’un retour aux affrontements armés interconfessionnels entre les différentes factions –, la Russie, la Tunisie – dont l’économie exsangue fait que ce pays ne doit sa survie qu’aux aides que lui fournit l’Algérie voisine –, et la Turquie ».

Quant au Maroc, « il est classé dans les pays prospères où la France estime que la situation ne nécessite aucune disposition particulière » et il « est aligné avec le géant allemand, l’Australie, les pays scandinaves, les paradis fiscaux que sont le Luxembourg, le Liechtenstein et la Suisse, la richissime Principauté de Monaco et les pétromonarchies du Golfe », indique la même source.

Selon le média proche du pouvoir, la France aurait eu cette position vis à vis de l’Algérie parce qu’elle verrait « d’un mauvais œil le partenariat stratégique qu’Alger et Rome ont scellé et qui a été couronné par une augmentation substantielle des quantités de gaz algérien destinées aux Italiens ».

Mais en réalité, il n’y a rien de nouveau dans cette affaire puisque l’Algérie était déjà classée dans la Zone A depuis longtemps. Dans le même arrêté du ministère des Affaires Etrangères de 2021, l’on retrouvait l’Algérie dans cette même catégorie.

Alors que les relations entre la France et l’Algérie se réchauffent à peine, à la faveur d’une bonne relation personnelle entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, il semblerait qu’il existe encore d’autres obstacles avant un retour à la « normale » entre Alger et Paris, dont ce déclassement serait l’une des exigences du régime algérien.




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